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Pousser les Côte-d’Oriens à devenir locavore, voici le pari que s’est lancé François Sauvadet, Président du Conseil Départemental de Côte-d’Or. Un enjeu de taille qu’il compte bien continuer à développer pour assurer à tous les autochtones de bien manger tout en garantissant une bonne santé économique aux acteurs environnants.

Pourquoi avoir pris la décision de sensibiliser les Côtes-d’Oriens à manger local ?
François Sauvadet : La Côte-d’Or est une véritable « petite France », et on ne peut qu’être fier de nos produits agricoles reconnus. Notre objectif, c’est d’assurer un approvisionnement de qualité aux Côte-d’Oriens, maintenir l’emploi et l’activité en milieu rural, soutenir les exploitations agricoles, entretenir les paysages et les liens producteurs-consommateurs… C’est dans cet esprit que nous avons décidé de soutenir fortement les filières locales.

Quelles sont les perspectives éducatives et économiques liées à cette action ?
Consommer local, constitue un cercle vertueux pour le territoire : cela permet de conserver sur place la valeur créée par nos producteurs et nos artisans. De cette manière, les citoyens peuvent connaître l’origine de leur alimentation et le patrimoine reste dans notre région. éduquer les consommateurs de demain, notamment les collégiens, au goût est aussi l’une de nos priorités. Nous souhaitons multiplier les ateliers pédagogiques et les sorties en milieu agricole pour qu’ils puissent ensuite apprécier davantage les produits qu’ils mangent à la cantine.

Manger local pour le contribuable signifie-t-il, manger plus cher ?
Quand on parle du coût de l’alimentation, de nombreux facteurs rentrent en jeu : la qualité des matières premières, les pratiques en cuisine et le gaspillage alimentaire. Ainsi, les salades bio, produites par un maraîcher local peuvent être vendues, à la tête, plus cher que des salades conventionnelles chez un grossiste. Mais rapporté à l’assiette, cela revient moins cher car la salade, ayant suivi un cycle de culture complet et récoltée à juste maturité, aura une taille supérieure et sera livrée fraîche donc sans parties abîmées à retirer. Comptez une économie de 4 € pour 200 couverts.

Pensez-vous que les productions locales soient suffisantes pour alimenter toutes les cantines collectives du département et ainsi, permettre à tous de manger local ?
Manger équilibré, c’est manger varié et avec plaisir ! Il faut être conscient que l’on ne pourra pas prétendre à du 100 % local, en raison notamment de certaines matières premières nécessaires comme le sel, les condiments, un grand nombre de fruits… Les conditions pédoclimatiques de Côte-d’Or ne permettent pas de cultiver du riz, des olives, des oranges et des bananes qui ont toute leur place dans notre régime alimentaire.

Les contraintes liées au budget dans les restaurants collectifs laissent souvent peu de manœuvre pour les producteurs. Ne serait-il finalement pas plus avantageux pour eux de vendre leur production par d’autres canaux ?
Tout débouché présente un intérêt et le vieil adage « il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier » est un gage de sécurité économique. La restauration collective présente des intérêts évidents : des quantités plus ou moins importantes selon l’établissement visé, une visibilité des quantités et du prix sur plusieurs mois grâce aux marchés passés (qui, selon le montant, n’impliquent pas forcément de lourdes procédures), le producteur sait comment ses produits sont utilisés et l’optimisation de la logistique permet de limiter le temps passé par quantité vendue.

De nombreux projets ont éclos depuis le début de cette politique Départementale en 2011. Quels sont ceux qui vont voir le jour prochainement ?
Nous allons poursuivre notre travail d’accompagnement et de mise en relation entre le monde agricole, le personnel de cuisine et les Côte-d’Oriens. Au même titre que l’opération Fraise de Côte-d’Or qui a remporté un franc succès cette année, d’autres évènements forts seront organisés en 2017 pour sensibiliser l’opinion des bienfaits nutritionnels et écologiques de consommer local.

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