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Tous locavores ! Mieux manger aujourd’hui pour demain

Clémence Rouyer, journaliste par

Publié le 28 avril 2016

Définition : un locavore, c’est quoi ?

Au même titre que les mots cheesecake, métro sexuel ou encore geek, le terme locavore a désormais sa place dans Le Petit Larousse. Au sens littéral, le locavore est défini comme « une personne qui décide de ne consommer que des fruits et légumes locaux et de saison pour contribuer au développement durable ». Mais dans les faits, manger local inclut également d’autres denrées tels que la viande, les produits laitiers ou encore les céréales. Plus qu’une mode, réduire la distance entre la fourche et l’assiette permet de diminuer l’impact sur l’environnement. Ecolo et fier de l’être, Florent Ladeyn (L’auberge du Vert Mont*, Boeschepe) a lui-même adopté ce nouveau mode de consommation. En effet, réaliser une carbonnade flamande avec du bœuf qui vient de Pologne, de la bière de Hongrie et du pain d’épices de Chine, très peu pour lui. Plus que l’agriculture biologique qui exclue l’utilisation d’OGM et limite la pulvérisation de pesticides, consommer locavore permet une vraie traçabilité.

 

« Cuisiner écolo, ce n’est pas faire venir des produits par avion ou par bateau sous prétexte qu’ils sont bio. À cause de ça, on arrête même le café, on va faire de la chicorée », nous confie le chef flamand.

 

Locavore, des racines made in Usa

Pour mieux comprendre comment la cuisine locavore a débarqué dans nos assiettes, c’est outre Atlantique, dans le pays d’Oncle Sam, qu’il faut se rendre. Alors que la Junkfood bat son plein et que sur les étals, les étiquetages restent opaques, Jessica Prentice et trois autres femmes décident de mettre plusieurs habitants de San Francisco au défi. Durant un mois, ils devront uniquement se nourrir avec des aliments produits à moins de 160 km de chez eux. Après quelques tâtonnements, l’engouement est là. Plus question de manger un yaourt à la pêche qui a parcouru deux fois le tour du monde.

Les AMAP, une communauté bien développée

Pionnières, les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (Amap) sont les premières à mettre en avant la distribution par circuit court : sans intermédiaire. Quinze ans après leurs débuts, elles seraient près de 1600 structures réparties dans tout l’hexagone. Basées sur un système de confiance entre consommateurs et agriculteurs, elles garantissent chaque semaine la livraison d’un panier de produits locaux, frais et fermiers, à un juste prix. Souvent cueillis le jour même, les fruits et légumes bénéficient d’une grande fraîcheur. En revanche, le client n’a ici pas la possibilité de choisir et doit s’engager pour plusieurs mois pour que l’agriculteur ne produise pas à perte. Compter en moyenne 15 € pour un panier de 5 kg.

La cueillette, manger sain tout en s’amusant

En ville, il est de plus en plus difficile de cultiver son propre lopin de terre. Qu’à cela ne tienne, de plus en plus d’agriculteurs ouvrent leurs vergers et leurs potagers aux citadins avides de bio diversité. Dès l’arrivée des beaux jours, petits et grands se précipitent pour cueillir les végétaux qui feront le plaisir de toute la famille. D’habitude fastidieuse, la cueillette se transforme en véritable activité éducative. Avec près de vingt-neuf spots répartis en Île-de-France et en Province, Chapeau de Paille assure une agriculture éco-responsable. De quoi réjouir les mains vertes !

Mon jardinier version Tamagotchi

Tout comme Michelle Obama, adoptez la green attitude en cultivant votre propre potager dans votre jardin. Pour cela, pas besoin d’avoir la main verte mais plutôt d’être connecté. Sur le même principe qu’un Tamagotchi – vous vous rappelez, ce petit gadget vidéo qui consistait à nourrir et cajoler son animal virtuel – plusieurs applications telles que Mon Coach Légumes vous donne toutes les clés pour fabriquer votre premier potager. Virtuellement, il vous invite à planter les végétaux de votre choix. Respect des saisons, exposition, fréquence d’arrosage, il prend absolument tout en compte et vous alerte grâce à un système de notifications. Une fois décidé à sauter le pas, votre jardinier vous livre tout le matériel à acheter. De quoi devenir un véritable maraîcher en herbe !

Les drives fermiers gagnent du terrain

Pas le temps de partir à la cueillette aux bons produits ? Longtemps réservé aux enseignes de fast-food, le drive fermier s’implante petit à petit dans les campagnes et en périphérie urbaine. Le principe est simple. On fait sa liste de courses sur le web (drivedeschamps.fr, locavor.fr, expresspaysan.fr…) en sélectionnant, la quantité, le producteur, le jour et l’heure de livraison. à la différence d’une Amap, ce système de distribution offre plus de liberté. Pas besoin de s’engager pour plusieurs semaines à l’avance et pas de risque de se retrouver avec des produits qui resteront au fond du panier.

En quelques années seulement, la tendance locavore est devenue un véritable mouvement. Dopée par la volonté de savoir ce qui se cache dans notre assiette, pourrait-elle s’appliquer à tous les Français ? Si le nombre d’initiatives et de canaux de distributions se multiplient, nourrir par exemple 12 millions de Franciliens avec les uniques productions du bassin parisien semble tout de même relever davantage de l’utopie que du réel. à défaut de tous devenir locavore, chacun peut en revanche adopter une démarche écocitoyenne en prenant garde à l’origine des produits qu’il consomme.