Une carte de transition, entre fin d’été et automne
À l’heure où l’été referme ses portes, Lucas Felzine construit sa nouvelle carte sur un principe d’entre-deux-saisons : les derniers produits du potager croisent déjà ceux qui annoncent le gibier et les champignons. Cette carte de rentrée, présentée en ce mois d’août 2026, sent la mûre, le foin fumé et un soupçon de miso de maïs, une signature aromatique qui traverse plusieurs assiettes du menu.
La tomate de plein champ ouvre le repas, cueillie dans ses derniers jours de saison et accompagnée d’une aspérule odorante et mûre. Le foie gras de canard IGP, originaire du Sud-Ouest, est servi avec un condiment au raisin de muscat, tandis que le thon en sashimi, saisi net, trouve un accord inattendu avec un kombucha d’hibiscus relevé d’un trait d’ail noir. Le tartare de bœuf mariné s’accompagne quant à lui de poutargue et de melon.

© Marielle Gaudry

© Marielle Gaudry
Des plats principaux construits sur des associations franches
La suite de la carte affirme des accords plus marqués. La seiche, laquée au binchotan, est servie avec une pistache croquante et une aubergine fondante, quand le rouget barbet joue une partition plus sobre entre girolles crues, concombres fermentés et un bouillon tiède au safran. Le canard de la Maison Burgaud s’associe à un miso de maïs et un jus de fruits rouges préservés, et l’agneau des Landes de Bretagne, confit puis grillé, propose un accord terre-mer avec anchois frais et caillé de chèvre. La pomme de ris de veau complète cet ensemble, servie avec une purée au beurre fumé, un sabayon et un jus à la figue.
En dessert, une signature autour du foin fumé
Après une sélection de fromages, la carte des desserts reprend les classiques de la maison : le riz au lait, le chocolat 70 % Mayan Red en crémeux au thé matcha, ainsi que les glaces et sorbets maison. Pour cette rentrée, Lucas Felzine propose une pêche au chocolat blanc fumé au foin, accompagnée d’un gel de tagète.
Lucas Felzine, une trajectoire entre grandes maisons et cuisine Nikkei
Avant de prendre la tête des cuisines des Petits Parisiens, Lucas Felzine s’est formé auprès de chefs comme William Ledeuil, à Ze Kitchen Galerie, Alain Passard à L’Arpège, Anne-Sophie Pic à La Dame de Pic, ou encore Philippe Labbé au Shangri-La Paris. Il a ensuite dirigé son propre restaurant, Uma, de 2014 à 2019, où il a contribué à faire connaître la cuisine Nikkei auprès des gastronomes parisiens. Cette double culture, technique et inventive, se retrouve dans une carte construite exclusivement autour du produit de saison, pensée comme une partition à plusieurs mains entre l’éleveur, le producteur et le chef qui les orchestre.
Une salle conçue pour le partage
Le restaurant, pensé pour accueillir aussi bien les tête-à-tête que les tablées autour de la grande table ronde centrale, mise sur une atmosphère chaleureuse où la convivialité occupe une place centrale. Les carreaux de ciment d’origine, les tables et chaises en bois ainsi que les banquettes s’organisent autour d’un zinc trentenaire qui reste la pièce maîtresse du lieu. Le choix des arts de la table participe de cette identité : couverts en argent patinés, verres à digestifs et coupes en argent dans lesquelles sont servis les glaces et sorbets maison. Aux murs, des objets chinés achèvent de donner son caractère à l’endroit.

© Marielle Gaudry

© Marielle Gaudry
Une cave signée Loïc Mougène, entre vins naturels et grands classiques
La carte des vins est composée par Loïc Mougène, ancien propriétaire de La Robe et du Palais, qui privilégie les vins naturels sans écarter les grands classiques. Parmi les 180 références proposées figurent des noms comme Gramenon, Stéphane Tissot, Prieuré Roch, Le Clos du Moulin aux Moines, Foillard, le Domaine L’Étranger ou le confidentiel Petit Domaine de Gimios. Les amateurs de vins plus classiques retrouveront des maisons telles que La Grange des Pères, Roc d’Anglade, Lucien Lemoine, Henri Boillot, Georges Vernay, le vignoble de Scamandre ou le Domaine Delaporte, à Sancerre. Côté digestifs, la sélection inclut les whiskies Orcines de Pierre Tissandier, de The Whisky Lodge à Lyon, un Bas Armagnac 1982 du Domaine de Jouanda servi en pot Gascon de 2,5 litres, de la Chartreuse Gauloises Verte et Jaune en jéroboams, des rhums, ainsi qu’un Calvados 2010 de la Maison Huard, également proposé en pot Gascon.

© Marielle Gaudry
Informations pratiques
Déjeuner, entrée/plat ou plat/dessert : 29 €. Déjeuner, entrée/plat/dessert : 33 €. Dîner à la carte ou menu dégustation en cinq services : 69 €.
Restaurant Les Petits Parisiens, 49 avenue Jean Moulin, 75014 Paris. Ouvert du lundi au vendredi, de 12h à 14h et de 19h à 22h. Fermé le samedi et le dimanche.
49 Avenue Jean Moulin
75014 Paris
01 45 43 72 97
https://petits-parisiens.fr/fr






