L’interview 100% noire de Sébastien Bras

Peindre tout en noir pour mieux refléter la lumière, telle est la philosophie de l’artiste Pierre Soulages. Eux aussi fascinés par la lumière qui habite le plateau de l’Aubrac, il n’a pas fallu longtemps pour que Sébastien et son père adoptent la doctrine de l’homme en noir. Alors, plutôt Yin ou Yang ? La réponse dans cette interview.

A quelques semaines de sa réouverture, le restaurant s’accorde une nouvelle jeunesse. L'occasion pour nous de cuisiner le chef. [Anthony Florio]

A quelques semaines de sa réouverture, le restaurant s’accorde une nouvelle jeunesse. L’occasion pour nous de cuisiner le chef. [Anthony Florio]

A quoi penses-tu lorsque tu es devant un tableau noir ?
A la lumière qu’il me renvoie.

As-tu parfois des idées noires ?
Je ne suis pas d’une nature très pessimiste. Je chasse mes idées noires par une séance de VTT dans les bois.

Dîner dans le noir, tu l’as déjà fait ?
Non, mais ça m’intéresserait !

Qu’est ce qui peut te mettre dans une colère noire ?
La mauvaise foi, nier l’évidence ! Dire le contraire de quelque chose dont tu as la preuve sous tes yeux. Je ne supporte pas ça. Ca me crispe !

As-tu déjà vu ton papa avec un regard noir ?
Oui car en cuisine mon père était une personne beaucoup plus impulsive que moi. Il suffisait d’un regard et je savais ce que ça voulait dire. Ça pouvait être un dressage qui ne correspondait pas à ses attentes, une poêle qui brûle, un morceau de carotte qui part à la poubelle…

Tu as déjà eu un œil au beurre noir ?
Non mais des épaules, des coudes et des fesses suite au VTT, oui !

Demain, je te demande de faire un plat monochrome noir. Challenge relevé ?
Le noir fait moins partie de ma culture culinaire. Je suis plus sur le blanc comme le lait ou encore le fromage.

Tu as déjà acheté des choses au marché noir ?
Est-ce que ça comprend les 3kg de cèpes que me ramène le petit paysan ? Dans ce cas, peut-être !

Quelle est la viande noire que tu préfères cuisiner ?
L’hiver on voit les cerfs, les biches et les chevreuils qui viennent aux abords du restaurant pour brouter l’herbe. J’aime bien en cuisiner à l’automne lorsque j’arrive à en avoir.

La dernière fois que tu as croisé un chat noir, c’était quand ?
Je ne suis pas spécialement superstitieux. A ce jour, je n’ai pas vu de chat noir dans l’Aubrac.

———————————————————————————————————————————————————————

Les coups de cœur de Sébastien Bras

L’ustensile à avoir Une brochette métallique. Elle me sert à sonder la cuisson des viandes et poissons ou à piquer un légume. J’en ai toujours une dans mes tiroirs aussi bien à la maison qu’au restaurant. C’est mon ustensile fétiche.

Le livre à lire Les secrets de la casserole (Edition Belin, 2008) du physico-chimiste Hervé This. Ce livre a été un véritable déclencheur. Il m’a permis d’aller plus loin dans la compréhension des recettes et de la technique. On s’ouvre ensuite le champ des possibilités vers d’autres associations.

Le produit à cuisinier La feuille d’érythrone dent de chien. C’est la première plante sauvage que l’on cueille début avril. On la trouve en lisière des bois et forêts. Elle dégage une saveur de noix verte et d’avocat.

Le gadget à avoir Un ustensile pour contrôler la cuisson des œufs qui fonctionne grâce à une petite échelle de mesure du temps. Au final, ce sont plus mes enfants qui en profitent !

Coup de cœur artistique L’exposition temporaire de Jesus Rafael Soto au musée Soulages à Rodez, artiste contemporain vénézuélien, qui joue sur l’effet d’optique et le mouvement.

L’album à télécharger Toujours debout, le dernier single de Renaud

Prolongez l'expérience avec l'article complet, d'autres reportages, des recettes exclusives...

Crédit photo : Anthony Florio

Soyez le premier à commenter l'article "L’interview 100% noire de Sébastien Bras"

Laissez un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée


*