Ibride le trio qui s’exporte !

Installé non loin de Besançon, l’atelier de création connait un franc succès depuis quelques années. Attention, si vous ne connaissez pas encore, vous risquez d’adorer les animaux coupés en deux et les portraits d’oiseaux accrochés au mur !

Rencontre avec Benoît, Rachel et Carine, le trio Ibride.

Rencontre avec Benoît, Rachel et Carine, le trio Ibride.

Ibride, vous voulez dire hybride ? Un croisement entre deux espèces ? Peut-être… C’est même certain lorsque l’on découvre l’univers du trio bisontin. Et on pourrait s’amuser à définir Ibride de différentes manières. Allez…

Une histoire de génétique
A la fois créateurs et éditeurs pour commencer. Carine Janin (éditrice), Rachel Convers (graphiste) et Benoît Convers (designer) forment un trio très équilibré qui leur permet d’être non seulement aux commandes de leur univers mais aussi maîtres de leur image et de leur notoriété. Ibride fait partie de la poignée d’auto-éditeurs français qui peuvent se vanter d’avoir une parfaite autonomie et une entière liberté dans leurs directions artistiques et commerciales.Leurs créations ? On pourrait les définir comme moitié animales moitié humaines. La nature est d’ailleurs un peu leur terrain de jeu, puisque tout a commencé en 1996 au cœur de la forêt, dans un atelier accolé à leur maison de famille. On le ressent d’ailleurs dans toutes les collections qui sortent de leur atelier. Chaque pièce est conçue et créée avec un esprit de famille. Ibride, c’est aussi le croisement entre un objet ou un meuble et une œuvre d’art. Benoît détourne des animaux et les coupe en deux pour en faire du « mobilier de compagnie », tandis que Rachel transforme le plateau de service en cadre. Pendant ce temps, Carine assure la promotion des collections et leur distribution à travers plus de 20 pays aujourd’hui.

Des collections de famille
Avec son « mobilier de compagnie », sortes de petits meubles domestiqués à la forme incongrue mais à la fonction définie, Ibride donne corps en 2004 à un tabouret-chien SULTAN, puis à une commode-biche BAMBI et à une DIVA console-autruche de pur style australien. DIVA, l’élégante console, distinguée et légèrement excentrique a été récompensée par le Prix Découverte du salon Maison&Objet à Paris en 2005. Elle s’est exhibée dans des vitrines part delà le monde et suit Paul Smith à New-York, Tokyo, Los Angeles ou Milan. Exposée au Musée d’Art Contemporain de Lausanne, au Musée d’Art Contemporain de Chicago, DIVA parcourt les expositions et prend place dans de nombreux salons.

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Des objets détournés
En reconsidérant les différentes étapes de la vie d’un objet utilitaire, Ibride revisite en 2006 le plateau de service afin d’enrichir sa période d’inactivité d’une seconde vie. Les plateaux Ibride se font tableaux, à accrocher au mur et inscrivent, au centre d’un encadrement ajouré, des images renvoyant à des albums de famille. Les visages sont indiens, noirs ou indonésiens. Ainsi naît la première collection de galerie de portraits. Ils trônent alors dans le salon ou à la cuisine en portant un regard toujours bienveillant sur nous et deviennent nos illustres improbables ancêtres. En 2008, l’univers d’Ibride s’épanouit dans une délicate étrangeté où fascination et dérision se côtoient et s’entremêlent. La nouvelle famille « Du grand Théâtre » est composée de nobles volatiles, personnages insolites et charismatiques tels que AMBROISE le Courtier, BERNARDO le conquistador ou BIANCA la gouvernante.

Joe, l’ours polaire
La pièce maîtresse de la collection « mobilier de compagnie » verra le jour à Milan en Avril 2007. La masse imposante d’un ours polaire devient bibliothèque. Les livres qui y seront rangés contribueront à compléter sa forme et à lui rendre son volume, son poids, sa prestance. Éditée en 50 exemplaires numérotés, la bibliothèque-ours JOE s’est établie dans des lieux prestigieux parmi lesquels l’hôtel de Bernard Arnault « Le Cheval Blanc » à Courchevel ou le « SLS Beverly Hills » de Philippe Starck à Los Angeles. Les 50 pièces seront adoptées en quelques mois… Un site retrace l’histoire et la position de chacun d’eux sur le planisphère (www.joethepolarbear.com).

Les collaborations avec les grands noms
Ibride a longtemps travaillé pour HABITAT qui lui commanda notamment une série de mugs « Akina » devenue best seller. Cette collaboration des débuts a été un élément moteur pour le développement d’Ibride. Aujourd’hui, c’est pour KENZO que Rachel a récemment réalisé une série de sept univers qui vont orner les coffrets de fin d’année de la marque de parfums la plus vendue en France et à travers le monde.

La pièce unique devenue multiple
En 2008, Ibride s’empare d’une pièce de la célèbre Dynastie chinoise… Le vase Ming, objet unique, devient alors multiple à la fois. Deux coupelles, un plat, deux saladiers et un petit pot recomposent le vase en s’empilant. Ce service de table offre à découvrir ses pièces comme des tiroirs secrets. La blancheur extérieure de la mélamine cache tout un monde onirique à l’intérieur, peuplé d’herbes folles et aquatiques, de silhouettes évanescentes… Sa version grise propose un voyage graphique différent, une nouvelle histoire qu’il appartient à chacun de se conter, entre réel et supposé. Au fil de ses collections, Ibride s’est construit une mythologie, une iconographie constituée d’images et de formes issues d’expériences visuelles, réelles ou fantasmées, avec la volonté que les objets soient reliés les uns aux autres par un fil invisible, une sorte de lien de parenté.

Crédit photo : D.R

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