[Interview] Luana Belmondo, son secret pour avoir la pêche !

Vous pensiez que le sempiternel repas du dimanche, c’était « has been » ? Et bien détrompez-vous car chez les Belmondo, il s’agit d’un véritable moment de partage et de gourmandise ponctué par l’éternelle bonne humeur de Luana. Cette joie de vivre, elle nous la transmet avec quelques-unes de ses recettes authentiques – compilées dans son nouvel ouvrage intitulé Mes recettes Bonne Humeur (Édition Le Cherche Midi) – qu’elle a ramené de sa terre natale, l’Italie, mais aussi de son autre pays de cœur, la France, où elle vit depuis maintenant vingt-six ans. A l’heure où le ciel se grise et le mercure chute, Luana Belmondo en profite pour nous livrer ses secrets et ses coups de cœur qui lui donnent la pêche.

Quand Luana Belmondo et sa famille se réunissent le dimanche, c'est toujours autour d'un bon repas_©Pierre-Louis VIEL

Quand Luana Belmondo et sa famille se réunissent le dimanche, c’est toujours autour d’un bon repas_©Pierre-Louis VIEL

Arts & Gastronomie : Lorsqu’on est d’origine italienne, la cuisine c’est forcément quelque chose que l’on a dans la peau ?

Luana Belmondo : Complètement ! Nous, les italiens, on a cette culture du bien manger même si l’on ne possède pas une fourchette de produits énorme. C’est une fausse idée d’imaginer qu’il n’existe que les pizzas, les pâtes et le tiramisu. Il faut savoir que les italiens aiment manger italien. Lorsqu’ils voyagent, le premier jour, ils s’initient à la culture locale puis, le second, ils cherchent un restaurant italien.

Si je vous demande quel est votre jour préféré, vous me répondrez certainement le dimanche, non ?

Oui et le lundi aussi pour me reposer de la veille ! (rires) En effet, le dimanche, la maison est remplie, il y a toujours du monde ! On sait quand on s’assoie à table mais on ne sait jamais quand on se lève.

Selon vous, se réunir le dimanche, il s’agit plus d’une tradition italienne ou française ?

Contrairement à la France, en Italie, le dimanche nous n’allons pas au restaurant. Pour moi c’est inconcevable ! Dans mon quartier à Rome, d’où je suis originaire, tous les restaurants sont fermés. On profite de ce jour de repos pour partager sa joie en famille ou entre amis. Lorsque j’ai rencontré ma belle-famille, j’ai eu cette chance qu’ils possèdent cette tradition aussi. Finalement, on pourrait peut-être rebaptiser le dimanche, le Belmondo’s day !

Chez les Belmondo, c’est donc une tradition de se réunir le dimanche en famille. Que pourrions-nous manger par une journée d’automne ?

Pourquoi pas une côte de bœuf, cuite au four, avec une émulsion de vinaigre balsamique et  de romarin, le tout accompagné avec mes fameuses « pommes de terre au sable ». Après les avoir cuites dans de l’eau avec des herbes, je les enfourne avec de la chapelure et de l’huile d’olive pour leur donner un côté croustillant. Je pourrais aussi cuisiner un pasticcio di pasta, un plat traditionnel que l’on sert le dimanche en Italie comme le poulet-frite en France. Il s’agit d’un gratin de pâtes associé avec de la sauce tomate, des boulettes de viande, du basilic, de la mozzarella et du parmesan. En revanche, réaliser un risotto ne sera pas une bonne option. C’est un plat qui demande du temps. Pour le réussir, il faut être plus avec lui qu’avec ses invités.

Si je comprends bien, les Belmondo sont des épicuriens. Mais, qui est le plus gourmand ?

Moi ! D’ailleurs, ça se voit, mais je l’assume ! (rires) Je ne résiste pas à un bon plat de pâtes. J’en mange 2-3 fois par semaine et plus particulièrement à la carbonara parce que je suis romaine ! J’aime trop manger mais je ne suis pas la seule. Mon beau-père (ndlr : Jean-Paul Belmondo), mon mari Paul et mon fils aîné Alessandro sont aussi épicuriens.

 Jean-Paul Belmondo est donc gourmand comme vous. Quel est son plat préféré ?

Il adore les penne al arrabbiata composées de sauce tomate et de piments un peu épicés ! Je lui cuisine aussi des pâtes à la façon d’un ragoût, comme une bolognaise, sauf qu’au lieu de mettre de la viande hachée, je la remplace par une saucisse un peu épicée que j’importe d’Italie et qui relève le goût de la tomate.

Quel est votre ingrédient secret pour un repas réussi ?

La bonne  humeur ! C’est le premier ingrédient de la réussite. Avec celui-ci, quoi qu’il arrive, vos invités seront comblés. Sinon, j’ai une petite manie que j’adore ! J’aime servir le plateau de fromages à l’apéritif. Je trouve qu’on l’apprécie plus au début du repas lorsque l’appétit est bien présent. Je dispose souvent des morceaux de parmesan et de pecorino avec un peu de miel de safran, un vrai succès !

Parmi les recettes présentées dans votre livre Mes recettes Bonne Humeur, certaines ont-elles marqué votre enfance ?

Les pâtes bien sûr et plus particulièrement lorsqu’elles sont farcies. Lorsque j’étais enfant, ma mère, ma grand-mère et mes tantes les préparaient elles-mêmes sur une grande planche de bois. Elles utilisaient un grand rouleau à pâtisserie – car elles n’avaient pas de machine pour étaler la pâte – et elles tournaient leur pâte comme des majorettes. C’était quelque chose de magique avec une gestuelle et une complicité très particulière.

 A choisir, plutôt cuisine française ou italienne ?

Je suis partie d’Italie à l’âge de 19 ans et ça va faire 26 ans que je vis en France donc finalement, j’ai passé plus de temps ici même si je suis totalement italienne dans ma manière de vivre et de parler avec mon accent… En revanche, la France a une grosse longueur d’avance sur l’Italie en ce qui concerne ses pâtisseries ! Mais, je crois que je vais devoir sortir mon Joker ! Je ne peux pas trancher.

Alessandro, l’un de vos enfants a décidé de faire de la cuisine son métier. L’élève risque-t-il bientôt de dépasser le maître ?

Oui et il l’a déjà sans doute dépassé ! (rires) Il fait une autre cuisine que la mienne, plus gastronomique. Je ne me considère pas comme une cheffe mais plus comme une cuisinière du quotidien. Alessandro possède certaines techniques que je n’ai pas. Je me suis toujours refuser à faire une formation par peur de perdre ce feeling que j’ai avec la cuisine mais, je suis bien contente que mon fils vienne à mon secours lorsque je me bats avec un caramel récalcitrant.

Entre Paul Belmondo (ndlr : père de Jean-Paul), Jean-Paul, vous, votre nièce Annabelle qui est mannequin et votre fils Victor qui prend des cours de théâtre, vous avez tous une âme d’artiste finalement ?

Oui, nous avons tous cette fibre artistique mais chacun dans son domaine ! Que ce soit la sculpture, la peinture, la comédie ou  la cuisine, on a cette chance de pouvoir faire ce que l’on aime. Ce qui devrait être un luxe que la vie puisse donner à chacun d’entre nous.

MES RECETTES BONNE HUMEUR

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Luana Belmondo

Édition Le Cherche Midi

Collection Gastronomie

164 pages – 24 €

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