Fête de la Gastronomie : les révélations du ministère sur les dessous de l’organisation

En l’espace de six ans, la Fête de la Gastronomie est devenu un véritable rendez-vous national pour tous les passionnés de gastronomie. A J-11 avant le lancement de cette nouvelle édition, c’est le coup de feu au ministère de l’Économie. L’occasion pour nous de faire le point avec Sophie Mise Le Bouleise, Commissaire Générale à la Fête de la Gastronomie, qui compte bien chapeauter cette année, plus de 10 000 évènements.

Sophie Mise le Bouleise, commissaire générale à la Fête de la Gastronomie se confie au micro d'Arts & Gastronomie à 11 jours du lancement de la 6ème édition_© Julie Balagué

Sophie Mise le Bouleise, commissaire générale à la Fête de la Gastronomie se confie au micro d’Arts & Gastronomie à 11 jours du lancement de la 6ème édition_© Julie Balagué

A&G: A J-11 avant le jour J, comment est l’ambiance au ministère de l’Economie ?

Sophie Mise Le Bouleise: Joyeuse et studieuse ! (rires)

C’est la 6ème année que vous chapeautez l’organisation de cet évènement national. Avec le temps, on prend un peu de bouteille, non ?

C’est sûr que l’on ne part pas de rien mais il faut toujours avoir en tête que rien n’est acquis. Il faut toujours être dans une action de pédagogie et de compréhension pour continuer à fidéliser et à rassembler les acteurs locaux. Il faut surtout ne jamais enclencher le mode pilote automatique. C’est le grand danger !

En somme, chaque année, vous tournez une page et vous en écrivez une nouvelle ?

Pas tout à fait car d’un côté on a des acteurs et des régions qui sont engagés depuis nos débuts comme la Bourgogne ou encore la Champagne-Ardenne, et de l’autre, certains corps de métiers comme ceux de la pêche restent encore à convaincre. Du côté des restaurateurs, si bons nombres jouent le jeu, ils ne sont pas tous conscients de la portée pédagogique de l’évènement.  La Fête de la Gastronomie n’est pas là pour leur permettre de faire une offre de prix sur leur carte. Ces 72h doivent plutôt être l’occasion d’organiser des rencontres, de donner des cours ou encore, d’expliquer quel est l’importance de respecter les saisons lorsqu’on cuisine.

Quel sera l’objectif majeur de cette 6ème édition?

En mettant en avant Les Cuisines Populaires, la Secrétaire d’État, Martine Pinville, chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie sociale et solidaire souhaitait créer un lien privilégié avec le grand public pour que la fête ne soit pas un projet dédié aux professionnels. Son objectif a été de proposer aux français des astuces et des conseils qu’ils puissent réutiliser dans leur quotidien.

Cette année, le ministère de l’Économie a fait le choix d’organiser un colloque ouvert au public (ndlr : le 12 septembre 2016), sous forme de table-ronde. Une grande première ! Cela n’enlèverait-il pas la dimension populaire à cette fête ?

Je ne pense pas que la décision du ministère de l’Économie de porter lui-même un colloque pour raconter l’histoire des cuisines populaires soit intello. Ces tables rondes sont justement là pour créer un lien avec le réel et donner des clés aux restaurateurs pour qu’ils puissent appliquer ces théories d’un point de vue économique car, ne l’oublions pas, c’est aussi ça le rôle de Bercy.

Quelles seront les nouveautés à l’affiche de cette édition ?

Le samedi 24 septembre prochain, le sud-ouest envahira les jardins du Palais Royal avec son projet Toqués de Canard organisé par le Conseil Départemental des Landes. Cet évènement invite chacun à découvrir le canard dans tous ses états en montrant comment on réalise une soupe, des grattons ou encore, comment on cuisine tout l’animal. Cette mise en avant fait aussi échos aux difficultés d’un secteur en crise suite à l’épidémie de grippe aviaire. A cette occasion, le chef Michel Guérard (Les pré d’Eugénie***) rassemble une vingtaine de chefs pour faire le show autour du canard. On est à la fois dans le côté populaire car c’est ouvert à tous, mais aussi économique car nous soutenons la filière.

Du côté de Saint Gildas de Rhuys en Bretagne, on sera plus studieux et on apprendra à ouvrir des huîtres et à monter une mayonnaise. Cette année, on pourra aussi souligner la présence d’entreprises labellisées Patrimoine Vivant qui montreront les gestes qui font leur savoir-faire. Ce qui sera le cas de l’entreprise Gavotte au restaurant Taillevent à Paris.

Parlons du thème sélectionné cette année. Doit-on dire « La » ou bien, « Les Cuisines Populaires » ?

Les Cuisines Populaires car ça montre qu’elles sont généreuses et diverses. Il n’y a pas de mode d’emploi lorsqu’on parle de cuisine populaire. Chacun fait selon ses envies et ses goûts. Rien ne m’empêche de faire un riz au lait à base de quinoa si ça me plaît. Selon les régions, la représentation des Cuisines Populaires sera là aussi différente : plus méditerranéenne en Provence, etc. Elles regroupent aussi cette cuisine du placard et du marché où l’on se demande ce que l’on va bien pouvoir cuisiner pour le déjeuner.

Enfin, Les Cuisines Populaires font elles aussi appellent à nos souvenirs d’enfance ?

Ils n’en sont pas exclus. Ce qui est le cas du chef Alexandre Mazzia (restaurant AM*, Marseille) qui a conçu l’une de ses recettes, le bar au chocolat, en s’inspirant de l’un de ses souvenirs d’enfance. C’est en se remémorant les parties de pêche qu’il faisait avec son grand-père que l’idée lui est venue. En attendant que son aïeul mette en route le barbecue, il avait faim et grignotait alors les barres au chocolat que lui avait donné sa grand-mère pour le goûter. Du coup, il mangeait le poisson avec le goût du chocolat qu’il avait encore dans la bouche.

Chaque année, la Fête de la Gastronomie dévoile son nouveau parrain. Après Anne-Sophie Pic l’an dernier, Guillaume Gomez ou encore Thierry Marx, cette année, c’est Eric Roux qui mènera à bien cette mission. Pourquoi avoir choisi un journaliste ?

Plus que pour son statut de journaliste, nous avons choisi Eric Roux car c’est un véritable spécialiste des Cuisines Populaires. Du petit-déjeuner au dîner, il ne parle que de ça ! C’est lui qui a notamment fondé l’Observatoire des Cuisines Populaires. Il défend ce sujet sur le terrain et c’est cette double casquette qui nous a plu. Il est en aucun cas écrit que le parrain de la Fête de la Gastronomie doive être un chef. Ça pourrait aussi très bien être un charcutier, un viticulteur ou un chocolatier, qui soit un porte-parole de son métier dans la mesure de faire émerger des projets. Il ne doit pas être juste présent pour la photo.

Cette année, la Fête de la Gastronomie se déroule dans un contexte particulier en raison du plan Vigipirate Alerte Attentat. Mis à part le FoodTrucks Festival qui a été annulé, tous les évènements seront-ils maintenus ?

Il s’agit du seul évènement qui a été annulé à ma connaissance. Il y a eu une vraie préconisation de la part du président de la République pour que l’on maintienne les manifestations sous la vigilance renforcée de la préfecture de police notamment dans la capitale. Ce renforcement des contrôles se fera de manière bienveillante pour que les projets puissent se faire.

Qui dit Cuisines Populaires, dit forcément, pot-au-feu ou encore, blanquette de veau.  Quel est votre plat favori ?

J’adore la daube malgré le fait que j’ai plutôt été élevée en tant que Bretonne, en Anjou, à la blanquette. Mais, j’ai le souvenir d’une daube où il y avait du citron confit et j’adore cet ingrédient. A une époque où je cuisinais beaucoup, j’avais fait plusieurs variantes. J’aime bien les plats en sauce, marinés, et avec des herbes. J’aimerais bien trouver des restaurants qui en font mais ce n’est pas encore le cas.

En tant que Commissaire Générale à la Fête de la Gastronomie, vous êtes vous-même une fine gastronome. Quelle recette du quotidien pourriez-vous nous proposer en 10 minutes chrono ?
Je suis une obsédée des œufs, j’adore ça ! J’ai à mon actif plusieurs variantes d’omelettes que ce soit en y intégrant des oignons, des pommes de terre, des herbes, un reste de morue, etc. Je les cuisine aussi au plat, très tendre, à la coque ou avec, un peu de piment. C’est mon aliment doudou ! J’ai toujours pleins d’idées.

La Fête de la Gastronomie

Les 23,24 et 25 septembre 2016

Partout en France

Plus de détails sur : http://www.economie.gouv.fr/fete-gastronomie/accueil

fetedelagastro_affiche

 

1 commentaire sur "Fête de la Gastronomie : les révélations du ministère sur les dessous de l’organisation"

  1. Pensez d’abord aux français qui n’ont pas les moyens d’acheter de la nourriture avant de parler de gastronomie

Laissez un commentaire

Votre adresse mail ne sera pas publiée


*