[A écouter] Eric Roux – parrain de la Fête de la Gastronomie, les « cuisines populaires » sont l’affaire de tous

Jeudi 23 juin 2016. A deux mois du coup d’envoi de la Fête de la Gastronomie 2016, qui se déroulera partout en France les 23,24 et 25 septembre 2016, on en profite pour vous dévoiler en exclusivité, le parrain de cette sixième édition qui abordera le thème des « Cuisines Populaires ». Journaliste et fondateur de l’Observatoire des Cuisines Populaires (OCPOP), Eric Roux compte bien partager et transmettre son amour du bien manger lors de ces trois jours de festivité.

Eric Roux, parrain de la Fête de la Gastronomie 2016_©Ludovic Le Guyader

Eric Roux, parrain de la Fête de la Gastronomie 2016_©Ludovic Le Guyader

Arts & Gastronomie : Bonjour à toutes et à tous, je suis aujourd’hui au Ministère de l’Economie et des Finances pour célébrer le lancement de la Fête de la Gastronomie 2016. C’est donc pour nous, l’occasion de découvrir le nouveau parrain de cette édition, Eric Roux. Bonjour Eric,

Eric Roux : Bonjour Clémence.

 Après Anne-Sophie Pic (Maison Pic***, Valence) lors de la dernière édition, Guillaume Gomez (chef des Cuisines de l’Elysée, Paris) ou encore Thierry Marx (Mandarin oriental**, Paris), vous êtes cette année, le parrain de la Fête de la Gastronomie. Pourquoi avoir accepté cette mission ?

C’est très impressionnant d’arriver après ces trois personnes aussi connues et importantes qui portent notre gastronomie française. Plus humblement, je n’ai jamais été une vedette même si j’ai été derrière les ondes pendant trente ans à la radio et à la télévision. La véritable star a toujours été la cuisine que j’essaie de décrypter comme un fait social et culturel plus que comme une histoire de plats. Si j’ai accepté cette mission, c’est parce que je pense qu’il y a beaucoup de choses à dire et à faire autour de ces cuisines populaires – et non pas de cette cuisine populaire. Elles sont multiples et variées exactement comme le sont les gens aujourd’hui en France. C’est aussi essayer de mener à bien, de manière festive, ces cuisines qui sont aussi celles des agriculteurs qui produisent ce que nous mangeons, des transformateurs (bouchers, fromagers, cavistes…), et bien sûr de tous les chefs et pas seulement ceux qui travaillent dans des restaurants trois étoiles. Il s’agit aussi de mettre en avant tout ceux qui proposent des menus à 13 €, les cantines ou encore la cuisine de madame tout le monde. C’est là où je me sens passionné et c’est pour cela que j’accepte d’écrire cette histoire, pour faire le point sur comment l’on vit aujourd’hui.

Vous êtes à la fois journaliste et écrivain, vous avez écrit le Manuel de Cuisine Populaire il y a deux ans si je ne me trompe pas ?

Oh non, ça fait un peu plus longtemps… ! Mais malgré ça, je n’ai pas la prétention de dire que je suis écrivain. Ce n’est pas parce que l’on cuisine une terrine que l’on est un cuisinier hors pair. J’ai réalisé un livre très simple pour l’Association Nationale des Epiceries Solidaires car les recettes de cuisines font souvent peur. On a parfois des listes d’ingrédients interminables et si l’on n’a pas tel ou tel ingrédient, on a la sensation que ça ne pourra pas marcher. On peut aussi tomber sur des pas-à-pas un peu compliqués. En bref, l’idée de ce Manuel de cuisine populaire, c’était de dire qu’avec six techniques, six manières de faire, on peut réaliser les recettes que l’on souhaite. Le moteur de la cuisine, c’est en premier la curiosité, l’acquisition de savoirs et de connaissances que l’on partage pour comprendre comment je peux tout transformer grâce à un braisage bien mené. La méthode peut aussi très bien s’appliquer à une cuisson au pot par exemple.

Je crois sincèrement aux valeurs du partage, de la pensée et du savoir que je retrouve dans la cuisine. On ne mange pas seulement parce que c’est bon, on mange parce que l’on a appris à découvrir que c’était bon.

Existe-t-il une définition de ces « cuisines populaires » ?

Populaire est un terme légèrement ambigüe. Populaire fait référence à la cuisine du peuple, la cuisine partagée par tout le monde. C’est finalement une cuisine de nécessité puisque l’on doit manger tous les jours. Mais c’est aussi une cuisine de plaisir car, en France, on aime bien prendre du plaisir à chaque repas. Elle est aussi connectée aux saisons et au temps. La meilleure tomate, ce n’est pas celle de juin, c’est plutôt celle de septembre mais pour l’avoir, il faudra attendre. Et surtout cette tomate, on en fera des conserves pour pouvoir la consommer plus tard dans l’année. La cuisine populaire, c’est certes la cuisine que nous ont enseigné nos mères et nos grand-mères mais c’est aussi la cuisine qui vient de l’autre, qui vient d’ailleurs, car aujourd’hui, la France, c’est un monde ouvert, riche et généreux.

Vous venez de nous dire que les français aimaient bien, bien manger à chaque repas. Ces cuisines populaires seraient-elles finalement une exception française ?

Si j’étais Superdupont, le super-héros de Marcel Gotlib, je vous dirais oui. Mais comme j’ai appris de Superdupont de Gotlib, heureusement pour nous, il y a presque partout dans le monde des cuisines populaires. Celles qui permettent à chacun de reconstituer leur force de travail mais aussi de nourrir leur richesse d’âme, on les trouve partout en Europe et dans le reste du globe. Se faire à manger tous les jours, c’est apprendre à gérer sa liberté et sa capacité à apprendre. Le chef multi-étoilé Alain Ducasse, disait : « les cuisiniers ne sont pas les uns contre les autres mais les uns avec les autres. » On peut reprendre cette citation toute simple pour définir la cuisine populaire.

Chaque année, le parrain réalise une ou plusieurs initiatives à partager au cours de la fête (les tartines pour Anne-Sophie Pic, les petits pots à partager pour Guillaume Gomez), qu’elle sera la vôtre ?

J’adorerais que tous les jardins familiaux, ceux que l’on appelait avant les jardins ouvriers, ouvrent leurs portes et accueillent pour la Fête de la Gastronomie tous les gens qui désir croquer dans une carotte ou sentir le caractère juteux d’une tomate que l’on récolte sur pied. Aujourd’hui, 60 000 postes sont vacants dans l’hôtellerie-restauration donc travailler en partenariat avec les écoles et les structures d’enseignements serait un grand moment pour cette fête. Enfin, je souhaiterais que des lycées agricoles ouvrent leurs portes afin que la future génération puisse expliquer comment elle produit notre alimentation. Ce ne sont malheureusement pas des tartines et des petits pots mais, en septembre, je pourrais à ce moment-là vous cuisiner une salade de doucette, avec un œuf mollet, ce serait pas mal.

Enfin, pour terminer, une petite confidence : personnellement, vous êtes plutôt, carbonade flamande, blanquette de veau, bouillabaisse… car c’est aussi ça finalement la cuisine populaire ?

L’ensemble, je ne vois pas pourquoi je choisirais ! Et je compléterais en plus, avec un bon couscous.

Écoutez en exclusivité le Podcast réalisé avec Eric Roux au micro d’Arts & Gastronomie:

Retrouvez la Fête de la Gastronomie les 23,24 et 25 septembre 2016, partout en France.

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