Du 26 Février au 4 Juin 2011 à L’Isle sur la Sorgue. L’oeuvre de Catherine Noury est un travail d’artiste textile qui brode, au sens tactile mais aussi romanesque du terme, dans l’espace et dans le temps. Son travail est d’une poésie saisissante qui entrecroise broderies mutantes, photographie, peinture, dessin, sculpture,pour suivre le fil de ces Histoires naturelles…
Le centre d’art CAMPREDON présente, depuis 26 ans, 3 grandes expositions monographiques annuelles de photographie et d’arts plastiques. Après Sarah Moon cet hiver, le Centre accueille au printemps le travail de Catherine Noury, « Histoires naturelles ». Cette artiste contemporaine s’inscrit dans le sillage des Louise Bourgeois et Annette Messager. Son rapport au temps est très particulier : « Je crée des parenthèses de temps, brodées à la vitesse où ça pousse en réalité. Je fabrique des instants dont certains représentent deux cents heures de travail… » explique Catherine Noury. Exposées pour la première fois, les pièces d’Histoires naturelles, tout au long des salles du rez‐de‐chaussée de l’exposition, racontent les métamorphoses des rêves de robes épinglées par Catherine Noury dans leurs boîtes à papillons : instantanés de branches de cerisiers en fleurs qui prolifèrent par affinités électives en algues moussues, broderies menues, coralliennes, têtues, solides jusqu’à la sculpture, puis nuages en gestation au dessin arachnéen où se révèlent soudain la forme et le souffle du poumon qui brode à l’infini l’inspiration de l’artiste. Ce que Mallarmé appelait « le geste de l’idée ». Variations captivantes à suivre d’une oeuvre qui nous conduit à explorer l’espace et le temps sous leurs plus fines coutures.
A l’étage, l’Éternelle Fiancée regroupe autour de pièces nouvelles des séries d’oeuvres présentées à Arles et à Paris en 2008, puis à Tourcoing en 2010 : robes de rêves piquées dans leurs boîtes comme les instantanés d’une semaine dans la vie d’une femme. S’y découvre aussi, dans les dernières salles, sa petite fabrique du rêve : l’atelier de l’artiste. Du premier croquis, du premier carnet, du premier fil rouge tiré sur un carton, aux Fleurs de Pénélope, finement ourlées du désir d’Ulysse, toute la mythologie intime de la brodeuse qui noue les fils du destin à la vie à la mort. Une oeuvre qui s’expose jusqu’à la nudité originelle du fil, remonte pour finir à la matière de l’histoire, au terme d’une déambulation qui nous captive, remet sur le métier, une par une, au fil des salles, et de leurs titres politiques, toutes les résolutions et les moments de la vie d’une femme : « Histoires naturelles », « Chercher la lumière », « Équilibres instables », « Chambre d’amour », « L’éternelle fiancée », « Tenir à un fil », « Dans l’atelier », « La matière de l’histoire ». « On en sort enrichis d’impressions vivantes et d’un léger vertige métaphysique, comme d’un labyrinthe tissé, pièce après pièce, dans la matière même du fil d’Ariane.»







