La collaboration entre le chef Patrick Henriroux et le designer Régis Dhô a commencé il y a plus de vingt ans. Une histoire d’amitié avant tout, de confiance, de respect et d’estime aussi entre deux amoureux du bon goût. Quand il a fallu revisiter La Pyramide, la palette de couleurs de l’un est naturellement venue faire écho à la palette de saveurs de l’autre.
Quand régis dhô donne le la, ça donne ça !
Les travaux colossaux ont commencé en 2005 avec une complète réhabilitation du restaurant gastronomique. « La déco désuète n’était pas du tout cohérente avec la cuisine contemporaine de Patrick. Il fallait quelque chose de moderne. » Alors sans casser les murs, le designer a pensé, imaginé, dessiné, repensé cent fois l’espace pour parvenir à ce que nous connaissons aujourd’hui. « Quand j’ai eu l’idée de l’ellipse au plafond, j’ai su que j’avais trouvé. Cette belle asymétrie toute en rondeur est d’une élégance universelle. » Au niveau des couleurs, le noir brillant prédomine, participant à la distinction de la pièce et le jaune est là, par touches, solaire, comme un fil conducteur lumineux. Quant au résultat, Régis Dhô évoque un magnifique travail d’équipe : « la réalité est telle que je l’avais imaginée grâce au travail formidable des artisans. »
Tout a été pensé dans les moindres détails. Le dossier des sièges est muni d’une poignée discrète qui évite aux serveurs de se baisser lorsqu’ils installent les clients. La cave somptueuse, intégrée à l’espace et visible depuis la salle, ajoute au charme de la pièce. Elle permet aussi au sommelier, qui ne descend plus en réserve, de passer plus de temps en salle.
Impressionnant aussi le lobby (salle d’attente où l’on prend l’apéritif), sasse de marbre et d’or précédant le restaurant gastronomique. Coupées en tranches, des plaques de marbre superbes, se dupliquent, se donnent la répliquent, dessinant des formes mystérieuses qui inspirent et forcent l’imagination. Sièges et tableaux, recouverts de feuilles d’or, ajoutent au faste de l’endroit. Face à cette entrée qui n’est pas sans rappeler celle d’un temple égyptien, les portes noires et majestueuses glissent et s’ouvrent sur un halo de lumière doux et enveloppant. « Je voulais obtenir un effet de chaud froid. Opposé le glacé du marbre au côté très feutré du restaurant. »
Grâce à l’imagination, la créativité de Régis Dhô et le talent des artisans, cette Pyramide là s’inscrit dans la modernité de son époque et n’a d’antique que la recherche de la perfection esthétique.
Inspiration universelle & pensée créatrice
Artiste, designer, décorateur, architecte d’intérieur, Régis Dhô puise son énergie créatrice dans le regard qu’il pose sur le monde et ses mille et une façons de le voir, le sentir, le goûter, le ressentir. Une aventure sensorielle d’abord qui précède la pensée grâce à laquelle alors, tout prend forme. Entretien avec un esthète qui inspire, s’inspire et expire l’air du temps.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?
Petit, ma grand-mère n’avait pas beaucoup d’argent et elle dressait la table avec des assiettes décorées que je trouvais très moches. Ma vocation était trouvée : mettre du beau dans la vie des autres et le rendre accessible. Et puis j’ai un besoin constant et inné d’équilibrer les choses dans l’espace afin que le rendu soit le plus esthétique possible.
Où puisez-vous votre inspiration aujourd’hui ?
Partout, tout le temps. Lorsqu’on est parvenu à une certaine maturité, l’inspiration est constante sans même qu’on s’en aperçoive. Il faut avoir tous les sens en éveil. Dés le matin, je mets les miens en action à la lecture de ce qui se passe dans le monde. J’ouvre mon esprit et j’absorbe en permanence. Tenez, je vous parle et je regarde la Tour Eiffel qui scintille sur un fond de ciel gris. Il se peut que je réutilise un jour cette association de couleurs et de matières sans me souvenir de son origine. Ne jamais être statique, apprendre à regarder et à changer la direction de son objectif, sentir les goûts, s’imprégner d’images et de parfums, tout cela crée une banque de données illimitée.
Vous pensez comme Dan Flavin que « L’Art c’est penser ».
Comment cela se traduit-il dans votre travail ?
Oui je crois qu’il faut collecter la pensée et qu’ensuite seulement elle peut se transformer en Art. Sans pensée, rien ne se crée. Ensuite bien sûr il faut le grain de poussière sacré, qu’il y ait cette alchimie incompréhensible entre l’artiste et l’Univers. Sans ça, l’œuvre ne peut être chef d’œuvre. Si vous donnez une palette de peintures à cent bonshommes, il n’y en a qu’un qui vous fera de l’art. En cuisine c’est pareil !
Vous avez travaillé pour Henriroux, Pierre Hermé, Michel Rostang, Dalloyau,
est-ce que la gastronomie est un domaine qui vous inspire particulièrement ?
Il n’y a pas de hasard. Je suis un gourmet-gourmand.Cependant pour que je puisse travailler avec un chef, il faut que sa cuisine corresponde à mes goûts et que je partage ses valeurs. Pour moi un chef est quelqu’un qui donne de l’amour. S’il n’y a pas de feeling avec le chef, alors il n’y aura pas d’inspiration.
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Portrait chinois
Régis Dhô, si vous étiez…
> Une oeuvre d’art :
Les bas reliefs de Delphes
Le génie des plissés m’a laissé sans voix.
> Une couleur :
le rouge
> Un objet :
une boîte à musique
> Un artiste :
Léonard de Vinci
> Une des sept merveilles du monde :
les Jardins Suspendus de Babylone
> Un plat :
forcément un dessert le Saint Honoré
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Régis design consulting
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